Nourrir son esprit

Au musée de Blérancourt, on choisit la danse après le confinement !

Voilà bien un thème qui va répondre à vos envies de bougeotte après cette parenthèse d’isolement et qui d’avance re-dynamisera votre énergie refoulée !!

Prêt à rebondir dès le déconfinement le Musée franco-américain de Blérancourt entre Noyon et Soissons, prépare en coulisse une exposition sur « Les étoiles qui ont révolutionné l'art de la danse ». A travers les œuvres exposées attardons-nous sur celle de Paul Colin, une affiche dont l’une des vedettes américaines est l’irrésistible Joséphine Baker, figure incontournable des cabarets des années folles qui enchanta le cœur du tout Paris par ses danses sensuelles et frénétiques.

 

Hors des sentiers battus, un inattendu musée franco-américain

Un musée de la fraternisation…. Et parler d’amitié en ces temps de confinement nous rappelle qu’elle est précieuse et source de belles histoires. Voilà pourquoi on vous invite à en vivre une toute particulière, encore peu connue aujourd’hui et pourtant ô combien historique : une franco-américaine datant de la Grande Guerre au Château de Blérancourt dans l’Aisne, un peu à l’écart du front. Par amour pour la France, l’américaine francophile, Anna Morgan fille d’un grand banquier, participe activement à la reconstruction de ces villages blessés alentour en créant un comité humanitaire et par la suite fonde ici en 1924 ce 1er Musée de la Coopération franco-américaine ; nos deux identités y sont mêlées et l’on découvre in situ le fruit de nos échanges militaires, intellectuels, économiques et culturels... et botanique !  On y flâne en effet aussi parmi les essences américaines dans son « Jardin du Nouveau Monde » de 4 hectares conçu par des paysagistes locaux.  

Jardins-du-Nouveau-Monde-Blerancourt

Joséphine Baker : l’incarnation de notre besoin de liberté d’être

A la recherche de frivolité, de modernité, de liberté pour oublier la guerre, les français aspirent à ce souffle nouveau qui leur vient des Etats-Unis. On assiste alors à une révolution du monde de l’art qui s’installe progressivement non sans scandale dans les mœurs parisiennes. Voilà comment notre danseuse de charleston Joséphine Baker fait son entrée en 1925 à 18 ans en même temps que le jazzman Sidney Bechet, le ragtime, les autres rythmes syncopés… Entrant en scène nue avec comme simple attribut une ceinture de plumes ou de bananes, accompagnée de ses pitreries, ses mimiques grimaçantes et son aisance corporelle, elle détonne, choque et paradoxalement cloue le spectacle de la Revue Nègre au théâtre des Champs Elysées. Très vite elle devient l’emblème des Années Folles. Le « phénomène Joséphine Baker » traduit l’irrépressible besoin d’exubérance de l’époque, l’explosion du carcan des conventions et la désintégration des traumatismes du conflit. Une vraie catharsis.

 

 

 

Sous le crayon de Paul Colin, la célèbre affiche de la Revue Nègre donne toujours envie de danser

Grâce à cette affiche de 1925, Paul Colin, figure marquante de l’Art déco entame une longue carrière de dessinateur à succès. On dirait presque une caricature avec sa composition simple en triangle qui emprunte à l’art africain, trois personnages surgissent du fond blanc et se détachent grâce à un jeu de couleur brun-noir-blanc et quelques touches parcimonieuses de rouge. Ici la longue silhouette de Joséphine Baker apparaît en robe courte blanche, toute en légèreté et suggère un soupçon d’érotisme et, pour l’époque, une certaine provocation accentuée par sa peau noire et ses lèvres rouges. Elle contraste avec la présence plus massive du musicien et du danseur qui semblent se réjouir de la scène.

Quelques archétypes exagérés par Colin autour des personnages noirs américains - les lèvres charnues rouges, les cheveux crépus, les yeux ronds un peu exorbités et les traits épais- l’affichiste mène son art à la limite de la provocation ; à coup sûr il maîtrise l’art d’accrocher le regard ! Tout en mouvement, ses personnages sont saisis sur le vif et nous laissent croire que nous sommes au spectacle, on a presque envie de rire à gorge déployée et danser avec eux. La joie s’incruste dans les esprits par la couleur rouge des lèvres, par les larges bouches tout sourire laissant apparaître une dentition ultra blanche et par les nœuds pap’ symbole de la fête. Et bien sûr par le déhanchement de Joséphine qui évoque le charleston des Années Folles, une danse qualifiée de sauvage à l’époque puisqu’en toute fin elle soulèvera sa robe !

Maquette-d-affiche-pour-la-Revue-negre-1925_Paul-Colin

 

Affiche mise à l’honneur lors de l’exposition

pour retrouver le plaisir de cet art oublié

et parce qu’elle est une pièce maîtresse contemporaine au sein même du musée. 

 

 

 

Exposition ouverte dès le déconfinement :

« Les étoiles qui ont révolutionné l'art de la danse »

 

Musée Franco-américain

Place Leclerc

02300 Blérancourt

https://museefrancoamericain.fr/